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RES critiquée par la MRAE

RES France peinerait-elle à adresser sa réponse suite à la publication du rapport de la Mission régionale d'autorité environnementale (MRAE, autorité de l’État compétente en matière d’environnement) concernant l'étude d'impact du projet éolien des Monts d'Éole ?


Selon Le Pays, "il en faudra un peu plus pour perturber la tranquillité et la sérénité de RES France quant à l'issue favorable de son projet de parc éolien sur les communes de Machézal et Saint-Cyr-de-Valorges dans la Loire et Joux dans le Rhône" (source : Le Pays). Car comme l'affirme Augustin Pesche, Chef de projets éoliens chez RES France, "Le projet des Monts d'Éole est solide et repose sur plusieurs années d'études. Je pense sincèrement que notre réponse argumentée convaincra de l'opportunité de ce projet".

Vraiment ?

L'avis de la Mission régionale d'autorité environnementale sur ce projet, délibéré le 8 juin dernier, portant sur la qualité de l'étude d'impact présentée par le maître d'ouvrage et sur la prise en compte de l'environnement par le projet, est apparu critique et sévère.



De nombreux points de l'étude d'impact réalisée par la Société de projet des éoliennes entre Loire et Rhône (présidée par RES) sont soulevés par la MREA, pour manque de précision, omissions, raccourcis.


En voici quelques-uns :


1 - Raccordement du parc éolien

"L’étude d’impact (comme les compléments apportés au dossier de juillet 2020) ne couvre pas le raccordement du parc éolien au réseau de distribution d’électricité alors que le dossier présente l’hypothèse de tracé la « plus probable » en direction d’un poste source situé à Tarare. Le porteur de projet indique que le tracé de ce raccordement ne pourra être défini qu’en relation avec Enedis lorsque l’autorisation environnementale aura été délivrée pour le parc éolien. L’Autorité environnementale rappelle que ce raccordement fait partie du projet de parc éolien", dit la MRAE.

Faudrait-il en effet accorder une autorisation à l'aveugle, comme RES le demande à mots couverts, sans savoir où passeraient les câbles à haute tension raccordant les éoliennes et réseau ?


2 - Étude paysagère

"Une étude paysagère a été menée dans un rayon d’environ 20 kilomètres autour de la zone d’implantation du projet. Elle met en évidence une diversité de paysages emblématiques et de monuments historiques" (dont le couvent de Sainte-Marie-de-la-Tourette de Le Corbusier, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco), "susceptibles d’être affectés par le projet avec des enjeux souvent qualifiés à juste titre de forts. Cependant, sur la base d’une argumentation fondée principalement sur la distance, l’étude d’impact retient in fine des sensibilités faibles à moyennes pour l’ensemble de ces entités." poursuit le rapport, préconisant de compléter l'étude de photographies permettant de visualiser ces impacts, inexistantes pour l'heure, et de "revoir à la hausse le niveau de sensibilité attribué au paysage dans l’aire d’étude rapprochée".


3 - Biodiversité

Sur ce point, la MRAE relève que "aucune mesure permettant de compenser l’impact du projet sur les habitats forestiers locaux et d’atteindre l’objectif national de zéro perte nette de biodiversité tel que prévu par la Loi pour la reconquête de la Biodiversité n’est proposée dans le cadre de la réalisation de projet".


4 - Nuisances sonores

L’impact du projet en termes de nuisances sonores n'a été étudié que sur 11 zones à émergence. "L’Autorité environnementale recommande de reprendre l’étude d’impact acoustique en l’appliquant à toutes les ZER du secteur, y compris entre les deux zones d’implantation des éoliennes, et en cas d’émergence non conforme à la réglementation, de revoir le plan de bridage en conséquence."

La MRAE ajoute d'ailleurs plus loin, "de même, la démonstration n’est pas suffisamment étayée quant à l’absence d’effet lié aux ombres portées des pales en mouvement sur les habitations du secteur".


5 - Rapaces et chauves-souris

La MRAE relève par ailleurs que l'étude conclut "à une absence d’impact cumulé vis-à-vis des rapaces nicheurs du secteur sur la base du faible nombre d’éoliennes totalisé par les deux projets à l’échelle d’un territoire relativement vaste. Cette conjecture peine à convaincre.

En termes d’impacts cumulés sur les chiroptères, l’affirmation développée concernant l’absence d’impact n’est pas recevable (.... car) il s’agit d’une espèce de haut vol, qui plus est susceptible de parcourir des distances respectables et donc de fréquenter les deux sites."

La MRAE recommande que les conclusions de RES "quant à l’impact cumulé

de ces deux parcs éoliens sur l’avifaune migratrice, les rapaces ainsi que sur les chiroptères" soient tout simplement revues. Ce qui veut tout dire.



Nous ne ferons pas ici la liste exhaustive des critiques de la MRAE.

Nous relèverons l'une de ses remarques finales :

"L’Autorité environnementale recommande de préciser à partir de quels indicateurs, valeurs et constats les incidences du projet seraient qualifiées de significatives et quelles mesures correctives seraient prises dans ce cas et dans quels délais."

Car en effet, sans indicateur précis communiqué et pris en compte par le maître d'ouvrage, où met-on le curseur entre impact faible ou fort ? Et donc, à partir d'où doit-on considérer ce projet d'adapté ou inadapté ? Autorisable ou à refuser ?


Tous ces points et d'autres encore doivent faire l'objet de la plus grande vigilance, et nous attendons avec circonspection les réponses que pourrait apporter RES France à ces critiques plus que sérieuses.

L'enquête publique, espérée par le promoteur pour début novembre, sera l'occasion d'en débattre.




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